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Le CAIRN (Centre d'art informel de recherche sur la nature) est à Digne-les Bains, en Haute-Provence,  le résultat de l'action commune du Musée Gassendi et de la Réserve Géologique de Haute-Provence (RGHP) pour le développement de l'art contemporain sur leur territoire.  Directrice artistique: Nadine Passamar-Gomez.


A partir de:

  •  la restructuration du musée Gassendi développant plusieurs collections entre art et science (collection d'art ancien et collections scientifique (physique et optique du XIXe siècle, entomologie, botanique, paléontologie, minéralogie, etc.)
  • et du projet développé par la réserve géologique de Haute-Provence de considérer ce domaine comme un patrimoine à part entière, abordé dans une perspective élargie (scientifique, économique, sociale, culturelle) consistant dans la constitution d'un réseau de sites protégés accessibles au public,

le CAIRN a développé un programme d'actions mises en oeuvre de manière expérimentale depuis 1995, effectif depuis2000, afin de mettre en oeuvre une politique d'art contemporain active (artistes en résidence, oeuvres produites, publications, mémoires de maîtrises, accueil de chercheurs, etc.). Il participe en ce sens d'une démarche de valorisation importante du pays dignois (communications, articles de presse nationaux et internationaux), et génère ainsi de réelles retombées économiques locales.
Les 200 000 hectares du territoire de la Réserve géologique de Haute-Provence (qui possède le label UNESCO) sont ainsi devenus le laboratoire de nombreux artistes contemporains majeurs comme Andy Goldsworthy ou herman de vries.
Les interventions peuvent prendre la forme d'expositions temporaires dans la galerie du CAIRN, d'installations pérennes ou éphémères dans tout le territoire de la Réserve géologique, de commandes publiques, d'éditions, de parcours...

Les cairns d'Andy Goldsworthy sur le site du Centre d'art


 Le Musée Gassendi a acquis depuis environ 20 oeuvres ou installations issues des activités du CAIRN, alors que plus de 30 interventions pérennes d'artistes ont trouvé leur place soit dans le parc du Musée-promenade et de la résidence d'artiste, soit dans le domaine public du territoire de la Réserve géologique. Les oeuvres n'y sont pas comme ailleurs implantées dans un parc, mais dans un espace à la fois scientifique et habité.

Ouverture toute l'année. Renseignements: Musée Gassendi, 15, rue de la Grande-fontaine - 04000 Digne-les-Bains. Tél.: 04 92 31 45 29. Ouverture de 11h à 19h. Fermeture le mardi. Galeries du Cairn, Musée-promenade, Quartier Saint-Benoît - 04000 Digne-les-Bains. Ouveture de 9h à 12h et de 13h30 à 17h30, 16h30 le vendredi.

Résidence de herman de vries (*)
traces & fenêtre

 Botaniste de formation, herman de vries développe une pratique artistique qui a d'abord exploré la voie de la peinture concrète, avant de se tourner vers l'exploration du monde naturel et du langage dans une oeuvre dense où se mêlent intervention dans la nature, publications, travail philosophique. Considérant que la nature est l'expression de la perfection, il ne travaille pas avec des matériaux naturels mais cherche souligner cette perfection.

 


 Pour le CAIRN, 2007 doit voir la fin de la réalisation du projet traces commencé en 2006. Celui-ci s'inspire de la philosophie de Ludwig Wittgenstein qui énonce dans son Tractatus que: "Tout point dans l'espace est le lieu pour une discussion." Le projet consiste en un ensemble d'inscriptions dorées, gravées dans la pierre à des endroits choisis par l'artiste dans la Réserve Géologique: phrases de la philosophie classique, de celle de l'artiste, en français, latin, sanscrit... Ces traces fonctionnent comme les "notes de bas de page" du paysage. 20 traces ont été réalisées en 2006, une seconde série soit l'être en 2007.


De la même manière, les fenêtres, simples surfaces circulaires polies dans différentes roches (choisies par un géologue, voir photographies plus haut), veulent simplement révéler la beauté cachée par le temps. Un essai de fenêtre a été effectué en 2006, le projet doit être finalisé en 2007 et accompagné d'une édition de l'ensemble des oeuvres d'herman de vries à Digne-les-Bains.

(*) l'artiste souhaite que son nom et celui de ses oeuvres soient toujours écrits en minuscules)

A Roche-Rousse, dans la Réserve Géologique, une commande publique à été passée à herman de vries en 2001 sur l'initiative de Nadin Passamar-Gomez, Le Sanctuaire de la nature.


Que gagnons-nous à faire un sanctuaire avec une grille plaquée or? On ne gagne rien, mais il n'esp pas nécessaire de toujours gagner quelque chose sur la nature. Avec cette attitude, je veux intégrer dans cette nature la notion du sacré pour un moment de réflexion: de même avec "ambulo ergo sum" sur un rocher: "sans mouvement nous n'existons plus (formule empruntée à Gassendi, philosophe et mathématicien, né près de Digne en 1592). Ainsi je donne la possibilité à chacun de réfléchir sur sa propre démarche dans l'instant et d'éprouver que dans la nature tout change en permanence: une promenade d'une heure et demie pour arriver au sanctuaire de Roche Rousse implique la nécessité, l'effort de s'y rendre."

herman de vries


Résidence de Andy Goldsworthy 
Refuge d'art de la Forest, nouvelle étape du projet des Refuges d'art, commune de Saint-Giniez

 Ce nouveau projet consiste en un négatif du Refuge d'art de la Chapelle Sainte-Madeleine réalisé à Thoard en 2002. Ici la cavité de pierre sèche est éclairée par un oculus alors que la pièce en avant est plongée dans l'obscurité. Le permis de construire a été obtenu en 2006.

 

 "Expérience singulière que celle d'Andy Goldsworthy, artiste internationalement reconnu, qui imagine un projet alliant l'art contemporain et la sauvegarde des patrimoines ruraux sur le territoire protégé de la Réserve Géologique de Haute-Provence, autour de Digne-les-Bains.
Refuges d'art est un itinéraire pédestre d'une dizaine de jours voulu par Andy Goldsworthy pour relier les trois Sentinelles que l'artiste a déjà réalisées dans trois vallées de la Réserve Géologique. Ce trajet emprunte d'anciens chemins à travers les montagnes et retrouve la trace de villages, chapelles et fermes abandonnés. Andy Goldsworthy a choisi certains de ces bâtiments le long du chemin pour qu'ils soient reconstruits afin d'abriter les randonneurs. L'artiste imagine alors une oeuvre spécifique pour chaque lieu, une oeuvre qui devient une partie intégrante de la rénovation du bâtiment.
Depuis le musée Gassendi à Digne, et le monumental mur d'argile, River of earth, le visiteur devient un marcheur et est invité, de refuge d'art en refuge d'art, à cohabiter avec les bâtiments et les oeuvres, avec le paysage et la lumière changeante, le temps d'une halte, d'un repos ou d'une nuit entière. Projet à la fois immense et modeste, Refuges d'art ne s'active vraiment que lorsqu'on entreprend la marche. Le visiteur devient alors le lien et le vecteur qui connecte tous les éléments entre eux, même si les sites sont visibles individuellement.

Andy Goldsworthy, River of Earth (détail)

 Cet espace présente l'ensemble des réalisations ainsi que la quasi totalité des dessins préparatoires d'Andy Goldsworthy pour le projet: de River of Earth au fantastique mur d'argile réalisé dans une maison du village ruiné du Vieil Esclangon à l'automne 2005, en passant par la chapelle Sainte-Madeleine sur les hauteurs de Thoard, le Refuge des Bains Thermaux tout près de Digne, ou encore ceux du Col de l'Escuichière - entre Blès et Bléone - et de la ferme Belon aménagée sur la commune de Draix, qui est le premier Refuge d'art où l'on peut passer la nuit.
Le projet Refuges d'art doit se poursuivre pendant les cinq années à venir avec la rénovation d'au moins cinq nouveaux refuges."

Texte à la disposition du public, Musée Gassendi, 15, rue de la Grande-fontaine - 04000 Digne-les-Bains. Tél.: 04 92 31 45 29.

ROUTE DE L'ART CONTEMPORAIN

 Un projet de "Route de l'art contemporain" (ViaPAC) est étudié depuis 2004 par le Conseil Général de Haute-Provence , en étroite collaboration avec l'agence Tetrac de Nantes et le CAIRN, où le Musée Gassendi est premier concerné en qualité d'entrée de la Route de l'art contemporain, à travers une étude de faisabilité de l'extension du musée incluant la construction d'une façade d'artiste.

Quelques projets à l'étude:

  • Vallée du Bès: Hubert Duprat: projet pour le tunnel du Pérouré d'une  mosaïque de pyrite (la pyrite est un sulfure de fer: Fe Sé. C'est un des minéraux les plus abondants du globe. La pyrite ressemble à l'or, on l'appelait autrefois l' "or des fous". Une intervention dans une chapelle est prévue par Trevor Gould autour du motif de l'éléphant (route d'Hannibal). Un projet d'hydropithèque(*) est également mené par Joan Fontcuberta sur le territoire italien de la route à Borgo san Dalmazzo. Sont déjà en place une Sentinelle (2) d'Andy Golsworthy et la jonction avec le sentier du sanctuaire de la nature réalisé par herman de vries il y a plusieurs années (voir plus haut). De nombreux sites également à proximité portant son projet traces.

Andy Goldsworthy, Sentinelle, Vallée du BèsSentinelle d' Andy Goldsworthy, Vallée d'Authon

La Sentinelle d'Andy Godsworthy dans la vallée du Bès, suivie de celle d'Authon, première réalisation en 2000                                       

  • Citadelle de Seyne-les-Alpes: la citadelle, édifiée à la fin du XVIIe siècle selon les plans de Vauban s'étire sur la crête de l'éperon rocheux appelé "la Robine". Mark Dion a conçu pour ce lieu le Donjon de l'ours qui dort, installation similaire à celle présentée au Château d'Oiron depuis 2005.
  • Saint-Vincent-les-Forts: 1692, Vauban se déplace dans les Alpes, en particulier en Ubaye. Il analyse le terrain et juge difficile la sortie de la vallée, qui s'effectue par un étroit chemin sinueux, dit le "tourniquet du Lauzet". Il ordonne alors la construction d'un petit fort sur un rocher avec une grosse tour carrée enveloppée dans une enceinte bastionnée. Pour mieux surveiller le passage, il fait construire en avant du fort une tour ronde couronnée d'un hourd en bois. François Morellet a été approché pour une installation en ce lieu.

L'hydropithèque, par Florence Galli-Dupis, le 27 avril 2004L'hydropithèque, par Florence Galli-Dupis, le 27 avril 2004

(*) Au sein du Musée promenade de Digne-les-Bains, se cache au détour du sentier des Remparts près de la cascade pétrifiante un étrange fossile, squelette de forme humaine encastré dans la roche dont le corps se termine... en queue de poisson. cet "hydropithèque (singe d'eau) n'est autre qu'une oeuvre d'art créée par Joan Fontcuberta. Celui-ci doit réaliser trois installations de ce "chaînon manquant" dans la Réserve Géologique, forgeant de toute pièce l'histoire de cette "invention archéologique" fabuleuse en exhumant et publiant la correspondance de l'abbé Fonta avec le père Albert Félix De Lapparent, éminent géologue et représentant des plus hautes instances religieuses... Cette fiction narrative a fait l'objet au CAIRN d'un catalogue paru en 2000, à l'occasion de l'exposition de Joan Fontcuberta sur "Les Sirènes de Digne".

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